Accaparements de terres ou « land grabbing »

Depuis le milieu des années 2000, l’intérêt des entreprises, des acteurs financiers privés ainsi que de certains États pour les terres agricoles s’est considérablement accru. La prise de contrôle de terres fertiles dont ils sont les bénéficiaires – effectuée généralement avec l’assentiment des gouvernements et pouvoirs locaux qui la justifient au nom du développement économique – se fait très souvent au détriment des populations qui y habitent ou qui en retirent des ressources indispensables à leur survie.  En outre, les systèmes de production mis en œuvre sur les immenses surfaces obtenues – qui s’élèvent à des milliers voire des dizaines et des centaines de milliers d’hectares par opération – apparaissent pour certains loin d’être conformes aux besoins les plus pressants des sociétés des pays qui accueillent ces grands investissements, à savoir, la sécurité alimentaire, la durabilité environnementale ou le maintien de l’emploi en milieu rural.

Ce cours propose d’aborder la problématique des « accaparements » en partant d’une définition large, qui prend en compte la dimension historique du phénomène et permet ainsi d’inclure une grande diversité de situations dans lesquelles l’accès à la terre est très inégalitaire et où l’intérêt d’une vaste majorité de la société s’en ressent. Analyser l’appropriation massive des terres et des ressources dont elles sont le support, en comprendre les modalités et les enjeux et discerner les conditions dans lesquelles certaines sociétés la contestent et arrivent parfois à la renverser, est indispensable à la prise de conscience citoyenne et à la construction collective de réponses politiques, juridiques et pratiques à même de résoudre et de prévenir les abus, la précarité et la pauvreté qu’elle génère.


Les objectifs et la structure du cours

L’objectif du cours est de fournir des outils pour l’analyse des situations d’accaparement de terres dans le monde, de manière à ce que les participants en ressortent avec une vision plus globale du phénomène. Le cours cherche également à créer un espace d’échange permettant d’élargir les points de vue et de comparer des cas concrets d’accaparement pour en dégager aussi bien les invariants que les particularités qui sont à l’origine des réponses très diverses qui leur sont données.

Le cours se compose de 3 modules consacrés, d’une part (module I et II) à la compréhension du phénomène, notamment à sa dimension historique, au modèle de développement agricole qui le sous-tend et aux aspects juridiques qui règlent les transferts de terre à grande échelle et, d’autre part (module III), à l’analyse des réponses qu’il suscite au sein des sociétés et des institutions – états, organisations intergouvernementales – censées les représenter :

 

I. COMPRENDRE...

...ce que l'on définit et quantifie comme « accaparements », et comment englober les différentes dimensions du phénomène à partir d'une approche historique

II. ANALYSER...

...la logique des investissements agricoles à grande échelle, leur mise en œuvre et leur effets du point de vue des paysanneries et de la collectivité.

III. RÉPONDRE...

...aux accaparements en identifiant différentes voies existantes et en discutant des conditions de leur mise en œuvre ainsi que des raisons de leur échec ou de leur succès

 

Chaque module se déroule sur une semaine. La 4e semaine est prévue pour terminer le travail personnel et permettre de plus larges échanges. Le texte du cours est présenté sur une plate-forme interactive, associant textes de référence, études de cas, schémas, cartes, une bibliothèque, un glossaire, et les outils d'analyse mobilisés. Cette plateforme permet un échange dynamique des participants entre eux et avec les animateurs du cours par l’intermédiaire d’exercices et de questions de débat. Pendant les 4 semaines, les participants seront accompagnés par les animateurs via cette plateforme interactive.


À qui s'adresse ce cours?

Ce cours s’adresse aux personnes concernées, de près ou de loin, dans leur quotidien ou dans leur vie professionnelle, par des situations d’accaparement de terres. Il cherche à réunir des acteurs de nature variée. En effet il est censé permettre d’inscrire leurs expériences pratiques dans un cadre d’analyse englobant et qui doit favoriser l’échange de points de vue au moyen d’un langage commun à tous. Ainsi, il est ouvert :

  • Aux membres des organisations paysannes et de la société civile.
  • Aux professionnels du développement (ONG, ministères, agences de développement, consultants indépendants).
  • Aux chercheurs, aux journalistes et aux étudiants.

Quelques pré-requis importants

  1. Pouvoir consacrer environ 10 heures par semaine au cours.
  2. Avoir accès à une connexion internet solide et la possibilité de télécharger des documents en format .doc et .pdf.
  3. Disposer d’une bonne maîtrise de la langue française.
Noter que la totalité du cours est en ligne, vous n’aurez donc pas à effectuer de déplacements.

Coût des 3 modules

L’inscription à cette séance est gratuite dans la limite de la disponibilité de places